Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 19:32

Après un silence radio expliqué par ma période d’examens, le retour des nouvelles…

 

Suite à mon voyage sur la côte Est, j’ai eu deux semaines de répit, puis une dizaine de jours de révisions, puis 10 jours d’examens.

 

Avant d’entrer en période de travail intense et acharné, j’ai pris le temps de fêter mon anniversaire, dans un restaurant-bar-boite du quartier Koregan Park, c’est à dire là où il y a tous les endroits pour sortir le soir, à 8km de chez nous. La soirée s’est très bien passé, il y avait plus de français que d’indiens, car tout le monde n’avait pas la possibilité de sortir le soir, et puis rien qu’en comptant les français de Sciences po et ceux de l’Ecole des mines, ça faisait déjà 11 personnes. Evidemment la ‘boite’ fermait à minuit, heure à laquelle normalement nous y allons en France…mais ce n’est pas grave, avec l’Inde nous prenons un nouveau rythme, il faut juste commencer les soirées plus tôt, ce qui ne perturbe pas vraiment nos esprits puisqu’à 18h30 il fait nuit.

 

J’ai aussi eu le temps, d’assister à un concert de rock indien et de métal néo-zélandais. Je m’étais retrouvé dans un coin un peu excentré de Pune à la recherche d’un endroit où fêter mon anniversaire, pour finalement m’apercevoir que le prétendu ‘club’ que je cherchais n’était pas une boite mais un club de sport…

Cependant, discernant au loin des sons de musique et de public en folie, je suis allais voir ce qu’il se passait derrière le club de sport, et je suis tombée face à  une grosse scène installée en plein air ! Comme le prix de la place m’a paru dérisoire (130 roupies / 2euros),  et  comme j’adore les concerts, je me suis dit ‘why not’.

Finalement je n’ai vu qu’une chanson du groupe indien, et le groupe néo-zélandais s’avéra être du gros métal, hurlant, bourrin et confus au possible. Plutôt amusant de voir une foule de jeunes rebelles indiens en t-shirt noir, agiter la tête de haut en bas et sautillant de droite à gauche, de manière beaucoup moins violente que les pogos qu’on voit en France,  très civilisés les indiens…ou  très encadrés. Ca m’a rappelé des souvenirs…ceux qui ont connu mon premier groupe comprendront de quoi je parle…

Heureusement à ce concert j’ai retrouvé des amis de Fergusson, donc j’ai pu partager cette expérience, et me faire ramener en moto dans la nuit au milieu des collines de Pune et ça j’adore…

 

Et puis sinon, travail entrecoupé de soirées entre français, d’après-midi avec les indiens, et aussi une soirée avec des africains, une soirée avec le cousin de Fatameh et ses collègues businessmen, une soirée pour l’anniversaire de Fatameh…

 

Malgré le titre accrocheur de cet article et la mousson qui touche à sa fin, on a tout de même eu une baisse de température, et même des grosses pluies pile au moment où mes examens commençaient. La baisse de température s’est traduite par une invasion de fourmis dans la cuisine, dont on peine toujours plus ou moins à se débarrasser, car ici les insecticides c’est seulement pour les cafards et les moustiques…Et aussi, on a chaque soir un taon qui vient faire bzz dans le salon puis mourir.

 

Les grosses pluies ont eu pour conséquences quelques flaques d’eau dans notre salon et dans la chambre à coucher  car l’appartement au dessus de chez nous étant inhabité les plafonds ne peuvent être entretenus…

C’était au moment de l’alerte au cyclone pour la cote ouest de l’Inde, cyclone qui n’a finalement pas causé trop de dégâts, enfin pour ce qu’on a vu nous, ‘seulement’ quelques arbres effondrés au milieu des routes de Pune.

 

Sinon, on est passé de ‘une coupure d’électricité par semaine’ à ‘une coupure d’électricité par jour’, j’imagine que c’est fait volontairement par je-ne-sais-qui pour réduire la consommation d’énergie, mais heureusement ça dure peu souvent plus d’une heure, et ils s’arrangent pour que ce soit toujours quand il fait jour.

 

Ces éléments peuvent donner l’impression d’une vie moins confortable, c’est vrai qu’il y a des jours où j’ai l’impression de faire du camping, et en même temps il y a d’autres jours où j’oublie complètement que je suis dans un pays étranger…

 

 

Je crois que les examens se sont bien passé mais impossible de juger, c’était que des questions de cours où il faut recracher les leçons qu’on a apprises par cœur, j’ai respecté le nombre de mot qu’on me demandait décrire à chaque fois, mais je ne sais pas si c’est bien car j’ai vu beaucoup d’élèves redemander du papier tellement ils écrivaient, car certain disent que les professeurs ne lisent pas les copies mais font à vu d’œil en fonction de la quantité écrite…donc suspens.

En tout cas niveau discipline, si je peux me permettre de critiquer, les professeurs qui surveillent ont un peu de mal, ils restent assis à leur bureau pendant presque toute la durée du l’épreuve, donc évidemment les élèves trichent…(enfin pas moi, j’ai trop peur)

 

 

Je me suis sentie vraiment soulagée une fois les examens finis, d’autant plus que je sais que je n’aurais probablement pas de travail jusqu’aux prochains examens en avril. Cela compense mon ‘gros-au-cœur’ d’avoir vu mes camarades de sciences po partir pour un mois de vacances alors que je devais rester pour bosser.

 

Evidemment la fin des examens ce n’est pas vraiment comme à Sciences Po, où à peine sorti de la salle de cours on commençait déjà à parler de la soirée que chacun allait faire le soir-même pour fêter la libération. Puisque ici les règles de vie, à l’internat ou chez les parents, un certain sentiment d’insécurité et les problème de transport (ni premier ni dernier métro à Pune, en fait pas de métro du tout, et pas non plus de bus de nuit), rendent la vie étudiante un peu moins exubérante.

Pour autant, comme Pune est une grosse ville très peuplée, il y a tout de même des bars, des salles de concerts et des boites de nuit envahis par la jeunesse dorée tous les week-ends.

Pour ma part, j’ai célébré la délivrance avec des amis indiens, dans un café-concert  où on a écouté des chanteur de blues reprendre des classiques avec un play-back, puis on a fait ‘l’after’ chez un ami qui, par chance, n’habite pas trop loin de chez moi.

 

J’ai eu l’occasion à cet ‘after’ d’avoir une discussion très intéressante sur la manière dont les indiens voient les européens, j’ai essayé de nous défendre comme je pouvais face à un copain indien qui ne comprend pas de quoi on peut se plaindre, nous nos grèves et nos dépressions, quand il compare notre mode de vie à celui de la plupart des indiens. J’ai dit que c’est vrai, j’ai de la chance d’être né en France, et qu’on n’y laisse beaucoup moins les gens dans la pauvreté qu’en Inde, mais que quand même ça ne voulait pas dire qu’on devait arrêter de se battre pour nos droits sociaux, et qu’un soutient financier de l’Etat n’était pas toujours suffisant pour rendre les gens satisfaits de leur sort.

Ensuite on s’est demandé pourquoi il y avait plus de suicide au travail dans les pays occidentaux, alors que les conditions dans un pays comme l’Inde sont largement  plus déplorables.

Enfin, il m’a confirmé ce que je pensais de certains étrangers qui viennent en Inde avec des lubies de dépaysement, de tourisme écologique et de spiritualité, il me disait « ils viennent pour le yoga, la méditation, et l’ambiance baba cool » – « mais tu en connais beaucoup des jeunes indiens qui font du yoga ? qui ont le temps d’être cool, qui s’intéressent à l’écologie et aux modes de vie alternatif ? non, l’Inde c’est pas ça, l’Inde c’est de la *****, c’est des garçons qui cherchent à avoir le plus d’argent possible et des filles qui cherchent à avoir le mari qui rapporte le plus… ». Evidemment il parlait en terme de généralité, mais ça fait toujours plaisir d’avoir un point de vue extérieur comme ça.

Et en même temps il ne critiquait pas ‘les blancs’ qui viennent en Inde, il avait travaillé avec plusieurs ONG et compagnies tourristiques, et il me disait penser que les occidentaux avaient plus soif de découvertes, d’aider et de changer le monde, il pensait que tous les européens étaient comme ceux qu’ils avaient rencontré dans des associations associatives ou dans des projets de voyage à basse consommation, je lui ai dit que quand même, c’était seulement une certain sorte de gens d’Europe qui font ça, et qu’il ne faut pas rêver, chez nous aussi l’argent et l’image comptent beaucoup.

 

On n’a pas fait que parler sérieusement, on a aussi fait la fête, et j’ai eu la joie de réentendre tous les classiques de rock qui sont arrivés jusqu’ici, avec grand plaisir et quoi qu’un peu nostalgique de l’époque où nous aussi on écoutait Nirvana et les Red Hot.

D’un seul coup je me mettais à moins regretter la globalisation culturelle, comme la fois où je m’étais retrouvée à une soirée avec des Népalais autour d’une guitare à reprendre des tubes qu’on connaissait tous…

 

FIN

 

 

 

En bonus : nouvel album photo ‘Pune baï naïte’


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