Vendredi 22 janvier 2010 5 22 /01 /Jan /2010 19:19

Avec les articles dans le journal j’en ai oublié de reporter mon voyage avec Pierre en décembre, donc je me rattrape ici en laissant cet aperçu de notre programme : 

Mercredi 16 décembre :

Arrivée de Pierre, deux heure de taxi de l’aéroport jusqu’à l’hôte « de luxe » à Colaba qu’on s’est offert pour notre première nuit de retrouvaille.

Récupération pour Pierre puis ballade de Colaba jusqu’aux bâtiments historiques de Mumbai, déjà vus pour moi en août.

Jeudi 17 décembre :

Visite de l’île d’Elephanta, déjà vue pour moi (voir article sur Mumbai du mois d’août)

Le soir départ pour Goa. Nuit de train un peu chaotique :  étant sur les listes d’attente nous n’avons pas pu avoir chacun une couchette et  nous avons du en partager une, ce qui n’est pas très commode car les couchettes sont très étroites, et puis  il y a une quinzaine d’enfants (certainement une colonie de vacances) qui sont arrivés sans réservation dans le wagon, se sont plus ou moins installés entre les couchettes, soit allongés par terre, soit debout, En fait, ils n’ont pas vraiment dormi, et nous non plus.

18, 19, 20, décembre :

Nous sommes arrivés à Margao en fin de matinée, et avons pris directement un rickshaw jusque Benaulim, une plage de Goa qui n’est pas la plus belle mais qui garde le côté paradisiaque de Goa et qui surtout est relativement calme par rapport aux autres plages envahies par les touristes et les fêtards à chaque fin d’année.

Nous avons passé une première nuit dans un bungalow derrière un restaurant qui donnait sur la plage, mais comme le service était particulièrement désagréable nous avons ensuite changé de guesthouse et pris un bungalow au milieu des palmiers à deux pas de la mer qui fût bien plus plaisant.

3 jours passés  à Benaulim à faire ce qu’il faut faire à Goa : bronzer, se baigner, marcher dans le sable, manger face à la mer et siroter un cocktail quand le soleil se couche.

Nous nous sommes laissés tenter par une sortie en bateau proposé par des racoleurs pour aller voir les dauphins tôt un matin, nous avons effectivement vu quelques dauphins mais de loin, par contre on a pu se baigner en pleine mer à côté du bateau sous un soleil tout juste levé ce qui est très plaisant :)

Nous avons aussi pu assister à un petit concert de rock en plein air sur la plage.

Le dernier soir nous nous sommes retrouvés dans une soirée d’indiens branchés organisée dans un bar où nous étions allé nous restaurer, ambiance funny.

 

Lundi 21 décembre :

Le lundi nous avons passé notre dernière journée à Goa puis nous avons pris le train le soir pour arriver à Allepey dans le Kerala le lendemain midi.

Là encore nous avons du partager une couchette, mais nous l’avons accepté plus facilement cette fois car l’effet de surprise était moins présent, et puis le wagon était bien plus calme.

J’ai trouvé les paysages qui longent la côte très beaux, plein de petits villages perdus au milieu des palmiers et parfois de larges canaux dont certains vont même se jeter dans la mer.

Mardi 22 décembre :

Une fois arrivés à Allepey, la bataille commençait : nous voulions trouver un houseboat pas trop cher et assez rapidement car la plupart des houseboat partent à 12h, heure à laquelle nous sommes arrivés. Finalement après avoir refusé le houseboat de l’office de tourisme à 10 000 roupies et négocié directement sur la berge là où partent tous les housboats,  on en a trouvé un bien moins cher car soit disant « écologique », c’est à dire qu’il n’y avait pas de télévision et de chaîne ifi  dans la pièce principale et que l’eau était servie dans un pichet et non pas des bouteilles plastiques – nous on croit que c’est plutôt pour faire des économies que par réel soucis pour la planète.

Le principe du houseboat c’est  d’être comme son nom l’indique « une maison-bateau », composé au minimum d’un petit salon, d’une cuisine et d’une chambre, les houseboats partent le midi pour une croisière sur les canaux du Kerala et reviennent dans la matinée, c’est l’activité touristique principale de Allepey, vivement recommandée pour tout voyage en Inde du Sud Ouest.

Notre houseboat était composé d’un petit salon-salle à manger, de deux chambres, une pour nous et une pour le conducteur, et nous sommes partis avec un cuisinier à bord, ce qui est le cas de la majorité des prestations proposées.

Comme indiqués dans les guides sur l’Inde, les paysages sont magnifiques et la croisière vraiment apaisante. En plus, nous avons eu le droit à deux repas plus un chaï vraiment très bons, et très bien servis. Dans le Kérala la plupart des plats sont à base de noix de coco ce qui en plus d’être très bon permet d’apaiser nos palais échauffés par les épices.

Nous avons adoré tous les deux, le seul point noir et d’avoir eu une coupure d’électricité en pleine nuit, donc plus de ventilateur soit température insupportable soit impossibilité de dormir, surtout pour Pierre qui venait quand même de l’hiver français, moi je crois que je m’habitue (un peu)  à la chaleur.

Heureusement le conducteur s’est occupé des réparations et après avoir passé un moment à trafiquer en vain dans les mécaniques au sous-sol, les villageois l’ont aidé à relier l’électricité du houseboat à un bâtiment sur la terre- réparation à l’indienne évidemment, c’est à dire fil électrique à ras de l’eau et suspendu avec du gros scotch-mais on leur a fait confiance et on a survécu.

Mercredi 23 décembre :

Dès le lendemain nous étions sur les routes, nous avons refait 4 heures de bateaux mais dans un navette fluviale cette fois, c’est à dire le transport en commun des habitants des rives, jusqu’à la ville de Kottayam. Puis de Kottayam nous avons pris un bus jusqu’à Kumily.

Nous avons mis 4 heures à faire 100km, c’était un peu long mais heureusement même si le bus était plein on avait des places, et puis les paysages étaient magnifiques. Kumily se trouve dans les Ghâts Occidentaux, au centre de l’Inde du Sud à la frontière entre le Kérala et le Tamil Nadu, à cet endroit les reliefs peuvent monter jusqu’au 1500m d’altitude ce qui explique le temps particulièrement long du trajet. Les montagnes sont très vertes et nous sommes passés par plusieurs petits villages perdus au milieu des plantations d’épice ou de thé.

Nous sommes arrivés dans la soirée donc nous avions peu d’espoir de trouver un bon hôtel, mais finalement l’hébergement qu’on avait planifié s’est avéré disponible : une cabane dans les arbres. Cette cabane se trouvait en fait dans la cours d’un hôtel très bien aménagé, de manière originale mais paisible, avec de vieux objets en guise de déco dans le restaurant et une petit bibliothèque très sympathique. La cours était elle aussi très mignonne, avec beaucoup de plantes, quelques tables pour manger, notre cabane et une autre petite maison pour l’hébergement qui elle était à même le sol. Ce petit espace donnait directement sur la réserve naturelle de Kumily que nous pouvions observer du haut de notre maisonnette.

Jeudi 24 décembre :

Le lendemain nous avions prévu de faire la visite de la réserve, but principal de notre venue à Kumily,  mais comme nous sommes arrivés trop tard la veille pour réserver une expédition à la journée nous avons décidé de nous lever tôt le matin et d’aller voir ce qu’on pouvait faire.

On a tout de suite rencontré un rickshaw à la sortie de l’hôtel qui nous a proposé d’aller à la réserve, nous disant qu’on aurait du réserver une expédition car il n’y avait plus grand chose à faire la réserve, mais qu’il pouvait quand même nous y emmener pour nous montrer. Donc on a payé l’entrée de la réserve et le rickshaw nous a emmené jusqu’au lac qui se trouve au centre de la réserve, là il nous a annoncé qu’on ne pouvait pas faire la sortie en bateau qui permet d’observer les animaux car au mois d’octobre il y a eu un accident tuant 40 personnes, ensuite on a demandé s’il y avait possibilité de faire une randonnée, il nous a dit que la plupart des randonnées étaient annulées car il y avait eu un affrontement entre des indiens et des touristes deux semaines auparavant, en clair on ne pouvait rien faire à part attendre qu’il soit 10h pour voir à l’entrée de la réserve si d’autres randonnées étaient organisées par des guides privés. Belle affaire pour lui, puisque nous n’avions rien à faire il pouvait nous proposer d’aller faire un tour d’éléphant dans un espace appartement à « ses amis » à quelques kilomètres de la réserve, nous nous sommes laissés entraîner puisque nous n’avions effectivement rien a faire.

Nous sommes donc allés faire une ballade de 30 minutes sur le dos d’un éléphant bien dompté, un peu cher payée mais c’était tout de même amusant et puis le un cadre était agréable, nous nous sommes promenés dans une forêt d’arbres fruitiers à côté des éléphants qui prenaient leur bain.

Finalement quand on est retourné à la réserve à 10h on nous a encore faire attendre une demie heure pour nous proposer une randonnée plutôt chère car il aurait fallu qu’on soit un groupe de 5 pour rentabiliser, et puis s’était assez bizarre (il fallait que ça reste plus ou moins secret ?) donc on a refusé.

Nous avons par conséquent entrepris de faire notre excursion nous-même et nous sommes aventurés dans les chemins de l’immense réserve, allant parfois un peu en dehors des routes principales mais pas trop car on avait peur des sangsues et de nous perdre. Nous avons pu approcher un muntjac, sorte de grosse biche (merci wikipedia !) et vu une race de singes encore jamais aperçu dans nos visites, des « macaques à queue de lion », mais à part ça nous n’avons pas vu beaucoup d’animaux. N’empêche que le décor était vraiment beau, entre les forêts, les rivières où les villageois viennent laver leurs linge, les montagnes au loin et un immense lac au centre de la réserve ; en tout cas, un immense espace vert loin du boucan des villes indiennes ça fait du bien.

L’après midi nous sommes allés acheter des épices car c’est un peu la spécialité de Kumily, il y avait des magasins d’épices partout, Pierre voulait en ramener en France car il a adoré la nourriture indienne à mon grand plaisir.

Le soir, puisque c’était Noël nous sommes allées dans un restaurant un peu chic mais tout de même dans les standards indiens. C’était plein de touristes et il y avait des décorations pour Noël mais à part ça il n’y avait pas spécialement d’animation. Nous n’avons pas fait de grosses folies spécialement pour ce soir-là, de toute façon le séjour en lui-même était déjà un beau cadeau de Noël.

Quand nous sommes rentrés vers 23h, le restaurant dans la cours était fermé et les serveurs étaient en train de ranger, ils nous ont fait une bonne surprise en nous emmenant avec leur lampe torche au bout de la cours qui donnait sur la réserve pour observer les muntjacs qui mangeaient les restes qu’ils leurs donnent.

Vendredi 25 décembre :

Dès le lendemain nous étions sur les routes pour Madurai, 4 heures de bus le long de paysages bien différents, beaucoup plus arides et rocheux, avec des villageois qui comme souvent nous on offert de la nourriture puisque c’est l’un des seuls moyens de communication qu’il reste quand on ne parle pas la même langue.

Nous sommes arrivés en fin d’après-midi à Madurai, avons eu un peu de mal à trouver un hôtel puis sommes allés directement au Sri Meenakshi temple car on avait entendu parler d’une cérémonie quotidienne pratiquée avant la fermeture du temple. Le Sri Meenakshi temple est un énorme temple s’étalant sur 6 hectares avec des colonnes, des statuts, différent petits temples à l’intérieur de l’enceinte principal, dont un interdit aux non-hindous, un grand bassins aux ablutions et même un marché. Le résultat est très impressionnant à cause de l’immensité du lieu (on s’y perd) mais aussi de part la qualité de l’architecture et des décorations.

Finalement après avoir attendu très longtemps à la sortie du temple interdit aux hindous à côté de tous les autres touristes qui attendaient comme nous, nous avons pu voir une ébauche de procession passer à toute vitesse, pratiquement en courant, transportant une icône à côté de deux musiciens qui couraient eux aussi.

26 décembre :

Le lendemain matin nous sommes retournés au temple pour voir les parties qu’on avait pas eu le temps de voir et faire un peu de shopping dans le marché à tissu qui se trouve derrière le temple.

L’après midi nous avons pris l’avion jusqu’à Pune où nous avons passé quelques jours avant le départ de Pierre.

27,28, 29, 30 décembre :

Pune... :)

31 décembre :

Le 31 décembre je suis allée raccompagner Pierre à l’aéroport puis j’ai rejoint les gens de sciences po réunis à Mumbai pour Nouvel An.

+++ Nouvel album photo sur ce voyage

 

Publié dans : Récit
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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /Déc /2009 19:17

Je suis revenue de ce voyage depuis vendredi matin la semaine dernière, mais je n’avais pas encore pris le temps de le rapporter ici.

 

Une fois libérée des examens, et des procédures administratives pour la prolongation de mon permis de résidence, qui m’ont fait passer deux fois quatre heures dans les bureau du FRO (et encore ce n’est pas fini…) je me suis prise quelques jours avec une bonne amie du college, Sneha, népalaise avec qui je m’entends très bien et qui ressentait le même besoin de partir que moi.

Comme elle a un ami qui travaille à Palolem, une plage de Goa, qui pouvait nous avoir quelques réductions pour l’hébergement et la nourriture elle m’a proposé de partir là bas avec elle et j’ai sauté sur l’occasion car j’avais une grande envie de prendre le large et de me reposer.

 

Goa

Après une nuit de bus où j’ai eu froid toute la nuit car on a voulu essayer de prendre un bus climatisé, nous sommes donc arrivées à Goa au petit matin.

 

Goa, c’est des plages de sable fin, des palmiers, le soleil bien jaune et l’océan bien bleu, un coin de paradis touristique qui garde son petit charme à l’indienne.

 

            L’ami de Sneha nous a accueilli et nous a présenté notre hébergement pour le séjour : une petit hutte de couleur à l’aménagement rudimentaire mais donnant directement sur la plage. On trouve ce type de huttes tout le long de la plage de Palolem ainsi que des restaurants semi-couverts qui sont installés après la mousson pour recevoir les touristes qui viennent en masse de décembre à mars. Heureusement, nous sommes tombés à la bonne période, il y avait beaucoup de touristes, d’ailleurs pratiquement que des occidentaux (c’était la première que j’en voyais autant d’un seul coup en Inde) mais les plages n’étaient pas encore trop pleines et l’ambiance restait relativement paisible.

            Nous avons passé quatre jours à nous baigner, à bronzer sur la plage(où on peut même porter un maillot de bain deux pièces car à Goa les mœurs sont plus libérés qu’ailleurs), et à nous restaurer dans la paillote donnant directement sur la mer.

Rien de plus agréable que de pouvoir se lever tranquillement, d’avoir pour première vue un océan baignant dans le soleil, et de s’installer confortablement sur un coussin face à une table basse avec un bon jus de d’ananas tout frais. A Goa, on trouve toute sorte de nourriture et beaucoup de plats occidentaux, donc je n’ai pas beaucoup mangé indien et j’ai eu le droit à un bon café noir tous les matins.

 

                        Le premier soir, l’ami de Sneha nous a fait une surprise et nous a offert un superbe poisson entier et cuisiné, (qui s’appelait ‘kingfish’ mais j’ai pas trouvé la traduction) que nous avons dégusté installés à une table directement sur le sable, éclairé à la bougie…

Après ce bon repas nous sommes allées à un café un peu plus loin sur la plage, où nous avons pu assister à un concert qui était en fait une scène ouverte, chacun pouvait venir avec son instrument et jouer un petit morceau, ce qui a donné lieu à des prestations diverses en style et en qualité. Nous avons rencontré pas mal de gens, car à Goa tout le monde vient vous aborder très librement, beaucoup d’étrangers mais aussi quelques jeunes indiens musiciens, et aussi quelques vieux hippies, dont un couple d’Allemand qui passe la moitié de l’année à Goa (et qui d’après leurs propres paroles «  ne font pas grand chose de plus le reste du temps), dont le mari à la barbe et au cheveux long, toujours la cigarette à la bouche, avait commencé la guitare un an plus tôt, et qui on été très gentils avec nous. La soirée s’est finie sur la plage entre guitare et jembé jouant de toute part.

 

 

Le second soir Sneha et moi-même avons testé un nouveau type de soirée, dont je vous laisse deviner le concept :

-                  imaginez une soirée en boite où vous pouvez choisir la musique, où vous pouvez baisser le son quand vous voulez parler à quelqu'un, où vous pouvez monter le son quand la chanson vous plait et où vous pouvez tout simplement couper le sons le temps d’un instant pour admirer la foule en train de danser…

ça ne vous dit rien ? c’est que vous ne connaissez pas le concept de « Silent Party »

Les ‘silent parties’, c’est des soirées où chacun se voit attribué un casque sans fil, dans lequel est diffusé la musique de 3 dj différents présents sur scène, dont vous pouvez écouter aléatoirement les mix selon votre envie en pressant un bouton, et vous pouvez aussi contrôler le volume du son de votre casque ou tout simplement le retirer.

Ca fait vraiment bizarre d’arriver à une soirée où il n’y aucun bruit de musique, mais où chacun danse sur un rythme différent. Personnellement j’ai beaucoup aimé, pouvoir zapper quand une musique ne me plaisait pas, et pouvoir discuter avec des gens à une soirée sans avoir besoin d’hurler, c’est très appréciable. En plus, sans vouloir en rajouter, la fête avait lieu sur la plage et il faisait très beau…

Il s’avère que de nombreuse soirées à Palolem sont des ‘silent parties’, car les fêtes en plein air ont ceci de gênant qu’on ne peut envoyer la musique sans gêner les voisins, mais grâce à ce système de casques, le problème est résolu, et les fêtes peuvent durer toute la nuit sans aucune nuisance sonore.

 

Le 3e soir nous sommes allées dans un pub anglais où j’ai pu manger….du beef steak ! la première fois depuis des mois, et super bon en plus, avec une sauce aux champignons, des frites (ils appellent ça french fries d’ailleurs dans les restau), et de la salade – un vrai retour au source qui fait du bien aux papilles !

(Je me suis rendue compte à quel point je mets l’accent sur les détails culinaires dans ce blog, ce n’est pas que je sois devenu plus que gourmande que je ne l’étais déjà, bon c’est vrai j’ai toujours aimé manger, mais c’est surtout que c’est vraiment un truc qui est différent ici, donc ça m’occupe plus l’esprit…)

Nous avons savoure ce repas, devant un match de foot car c’est une équipe que Sneha aime bien qui jouait, une vraie soirée à l’occidentale.

Et en sortant du restaurant, on n’a pas pu s’empêcher d’avoir un fou rire et de penser « héhé on vous a eues» face aux nombreuses vaches qui se baladent dans le village comme partout. c’est méchant mais c’est la vie.

 

Hampi :

 

 

Après ce séjour très reposant nous sommes partis sur des routes plus historiques et culturelles, en direction de Hampi, village perdu au milieu de rochers et de ruines de temples à perte de vue.

 

Une nuit de trajet, dans un bus presque rempli de blancs, pour la première fois depuis que je suis en Inde.

Dans le bus nous avons rencontré Assef,  un israélien d’une vingtaine d’années, qui vient de finir son diplôme de droit qui s’est pris quelques mois de voyage en solo à travers l’Inde avant d’entrer dans le monde de travail, avec qui nous nous sommes très bien entendus et qui nous accompagna toute la durée du séjour à Hampi.

 

A peine arrivés au bus-stop qui se trouve un peu à l’écart de la ville, nous sommes harcelés par des dizaines de chauffeurs de rickhaw, qui connaissent tous une superbe auberge où ils peuvent nous emmener. Finalement nous trouvons un rikchaw qui nous embarque tous les trois au village. Après un rapide coup d’œil aux auberges délabrées proposés par de nombreux promoteurs sortis de nul part, nous décidons d’emprunter la navette pour passer de l’autre côté de la rivière qui traverse le village pour trouver un hébergement plus calme.

 

Assef ayant entendu parlé de cette guest-house, nous avons lôgé au « Laughing Buddah », un complexe composé de petites huttes en béton et au toit de chaume, avec au centre un grand cabanon abritant un restaurant très confortable composé de tables basses et de cousins, avec une décoration et une ambiance adaptées aux jeunes voyageurs : tentures psychédélique au mur et musique reggae toute la journée.  Quoique cela n’est rien de vraiment indien,  d’ailleurs les employés étaient népalais au grand plaisir de Sneha, le côté très ‘zen’ m’a séduite…

 

En effet, à Hampi il y a de nombreux jeunes voyageurs, plus ou moins bohèmes, et nous avons rencontré beaucoup d’étrangers venus de toute part. J’étais surprise de me retrouver dans une ambiance aussi internationale, alors que je lors de mes précédents voyages je n’ai pas rencontré autant d’étrangers. Je ne sais pas cela est du à la proximité de Hampi avec Goa, à  son potentiel touristique ou tout simplement  à  la saison, qui est plus adaptée que la précédente mousson (de juin à septembre)  à une venue en Inde. Il y a mêmes quelques hippies comme à Goa, qui vivent là une bonne partie de l’année. J’ai d’ailleurs rencontré un vieux punk français de 40 ans, qui m’a plutôt laissée perplexe, il nous a raconté tous ses exploits en Inde, prétendant avoir  passé une bonne partie de sa vie en Inde et à travers le monde, ce que  j’ai encore du mal à comprendre puisqu’il ne parlait ni anglais ni hindi…enfin c’est lui qui l’a dit : « y a vraiment de ces tordus en Inde… »

 

Le premier jour nous avons loué des vélos et nous sommes promenés du côté calme du village, qui malgré l’afflux de touristes reste très traditionnel, du coup les habitants ne sont pas surpris par nos blanches têtes et son même très contents de nous voir. Nous sommes allées nous baignés dans un lac perdu au milieu des montagnes de rochers. Puis nous avons monté 600 marches pour aller admirer le coucher de soleil du haut du temple de Anuman, dieu des singes, d’ailleurs très présents dans la colline.

Le soir nous nous sommes relaxés dans le restaurant de la guest-house autour d’un thé et de nourriture occidentale, fait quelques rencontres internationales, dont Marta unE espagnole très sympa, avec qui j’ai même joué un peu de jembé.

 

Le deuxième jour nous sommes passés de l’autre côté de la rivière avec Assef et Marta, nous avons retenté l’expérience de la location de vélo, mais cette fois-ci ça n’a pas été très utile car nous nous sommes promenés principalement à pieds aux milieux des immenses ruines de temples et des rochers. C’est impressionnant de voir ces énormes ruines et de s’imaginer qu’il y a des très longtemps une activité importante régnait dans ces lieux. Nous avons pu assister à une cérémonie religieuse dans un temple encore en activité donnant sur la rivière,  et il y avait une réunion de pèlerins car c’était le lendemain de la pleine lune, donc on a pu discuter un peu avec eux.

Puis en fin d’après-midi coucher de soleil du haut des rochers avec vue sur le village, à côté d’un joueur de flûte envoûtant…

 Le soir même détente au restaurant, devant un film car il passe un dvd en anglais chaque soir dans au « Laughting Buddah »

 

Le 3e jour nous avons juste eu le temps de faire un peu de shopping, ce qui est très pratique avec Sneha car comme elle parle hindi, les commerçants ont tendance à être plus cool. De manière générale voyager avec elle a rendu les choses plus faciles parce que souvent les gens la prenne pour une indienne, donc ils nous fichent un peu plus la paix.  Puis après les au revoirs à nos amis de passage, nous avons pris le bus pour retourner à Pune.

 

Le retour à la réalité a été un peu difficile, après deux séjours dans des paysages magnifique et des ambiances décontractées la ville de Pune paraît soudain trop bruyante, encombrées et sans charme….

Heureusement on avait encore quelques jours de congé avant la reprise donc on a pu en profiter pour sortir un peu, soirées, concerts…

 

La reprise s’est faite très tranquillement, on était censé reprendre les cours lundi mais en réalité seuls deux professeurs sur six ont été présents de toute la semaine…pas de chance pour moi qui aurait voulu me montrer présente en cours avant de repartir pour dix jours avec Pierre la semaine prochaine…Mais bon ce n’est pas grave comme ça j’ai eu le temps de me reposer et de préparer mon prochain voyage…

 

 

 

+++ Photos prises avec le portable de Sneha dans l’album Hampi/Goa

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Lundi 23 novembre 2009 1 23 /11 /Nov /2009 19:32

Après un silence radio expliqué par ma période d’examens, le retour des nouvelles…

 

Suite à mon voyage sur la côte Est, j’ai eu deux semaines de répit, puis une dizaine de jours de révisions, puis 10 jours d’examens.

 

Avant d’entrer en période de travail intense et acharné, j’ai pris le temps de fêter mon anniversaire, dans un restaurant-bar-boite du quartier Koregan Park, c’est à dire là où il y a tous les endroits pour sortir le soir, à 8km de chez nous. La soirée s’est très bien passé, il y avait plus de français que d’indiens, car tout le monde n’avait pas la possibilité de sortir le soir, et puis rien qu’en comptant les français de Sciences po et ceux de l’Ecole des mines, ça faisait déjà 11 personnes. Evidemment la ‘boite’ fermait à minuit, heure à laquelle normalement nous y allons en France…mais ce n’est pas grave, avec l’Inde nous prenons un nouveau rythme, il faut juste commencer les soirées plus tôt, ce qui ne perturbe pas vraiment nos esprits puisqu’à 18h30 il fait nuit.

 

J’ai aussi eu le temps, d’assister à un concert de rock indien et de métal néo-zélandais. Je m’étais retrouvé dans un coin un peu excentré de Pune à la recherche d’un endroit où fêter mon anniversaire, pour finalement m’apercevoir que le prétendu ‘club’ que je cherchais n’était pas une boite mais un club de sport…

Cependant, discernant au loin des sons de musique et de public en folie, je suis allais voir ce qu’il se passait derrière le club de sport, et je suis tombée face à  une grosse scène installée en plein air ! Comme le prix de la place m’a paru dérisoire (130 roupies / 2euros),  et  comme j’adore les concerts, je me suis dit ‘why not’.

Finalement je n’ai vu qu’une chanson du groupe indien, et le groupe néo-zélandais s’avéra être du gros métal, hurlant, bourrin et confus au possible. Plutôt amusant de voir une foule de jeunes rebelles indiens en t-shirt noir, agiter la tête de haut en bas et sautillant de droite à gauche, de manière beaucoup moins violente que les pogos qu’on voit en France,  très civilisés les indiens…ou  très encadrés. Ca m’a rappelé des souvenirs…ceux qui ont connu mon premier groupe comprendront de quoi je parle…

Heureusement à ce concert j’ai retrouvé des amis de Fergusson, donc j’ai pu partager cette expérience, et me faire ramener en moto dans la nuit au milieu des collines de Pune et ça j’adore…

 

Et puis sinon, travail entrecoupé de soirées entre français, d’après-midi avec les indiens, et aussi une soirée avec des africains, une soirée avec le cousin de Fatameh et ses collègues businessmen, une soirée pour l’anniversaire de Fatameh…

 

Malgré le titre accrocheur de cet article et la mousson qui touche à sa fin, on a tout de même eu une baisse de température, et même des grosses pluies pile au moment où mes examens commençaient. La baisse de température s’est traduite par une invasion de fourmis dans la cuisine, dont on peine toujours plus ou moins à se débarrasser, car ici les insecticides c’est seulement pour les cafards et les moustiques…Et aussi, on a chaque soir un taon qui vient faire bzz dans le salon puis mourir.

 

Les grosses pluies ont eu pour conséquences quelques flaques d’eau dans notre salon et dans la chambre à coucher  car l’appartement au dessus de chez nous étant inhabité les plafonds ne peuvent être entretenus…

C’était au moment de l’alerte au cyclone pour la cote ouest de l’Inde, cyclone qui n’a finalement pas causé trop de dégâts, enfin pour ce qu’on a vu nous, ‘seulement’ quelques arbres effondrés au milieu des routes de Pune.

 

Sinon, on est passé de ‘une coupure d’électricité par semaine’ à ‘une coupure d’électricité par jour’, j’imagine que c’est fait volontairement par je-ne-sais-qui pour réduire la consommation d’énergie, mais heureusement ça dure peu souvent plus d’une heure, et ils s’arrangent pour que ce soit toujours quand il fait jour.

 

Ces éléments peuvent donner l’impression d’une vie moins confortable, c’est vrai qu’il y a des jours où j’ai l’impression de faire du camping, et en même temps il y a d’autres jours où j’oublie complètement que je suis dans un pays étranger…

 

 

Je crois que les examens se sont bien passé mais impossible de juger, c’était que des questions de cours où il faut recracher les leçons qu’on a apprises par cœur, j’ai respecté le nombre de mot qu’on me demandait décrire à chaque fois, mais je ne sais pas si c’est bien car j’ai vu beaucoup d’élèves redemander du papier tellement ils écrivaient, car certain disent que les professeurs ne lisent pas les copies mais font à vu d’œil en fonction de la quantité écrite…donc suspens.

En tout cas niveau discipline, si je peux me permettre de critiquer, les professeurs qui surveillent ont un peu de mal, ils restent assis à leur bureau pendant presque toute la durée du l’épreuve, donc évidemment les élèves trichent…(enfin pas moi, j’ai trop peur)

 

 

Je me suis sentie vraiment soulagée une fois les examens finis, d’autant plus que je sais que je n’aurais probablement pas de travail jusqu’aux prochains examens en avril. Cela compense mon ‘gros-au-cœur’ d’avoir vu mes camarades de sciences po partir pour un mois de vacances alors que je devais rester pour bosser.

 

Evidemment la fin des examens ce n’est pas vraiment comme à Sciences Po, où à peine sorti de la salle de cours on commençait déjà à parler de la soirée que chacun allait faire le soir-même pour fêter la libération. Puisque ici les règles de vie, à l’internat ou chez les parents, un certain sentiment d’insécurité et les problème de transport (ni premier ni dernier métro à Pune, en fait pas de métro du tout, et pas non plus de bus de nuit), rendent la vie étudiante un peu moins exubérante.

Pour autant, comme Pune est une grosse ville très peuplée, il y a tout de même des bars, des salles de concerts et des boites de nuit envahis par la jeunesse dorée tous les week-ends.

Pour ma part, j’ai célébré la délivrance avec des amis indiens, dans un café-concert  où on a écouté des chanteur de blues reprendre des classiques avec un play-back, puis on a fait ‘l’after’ chez un ami qui, par chance, n’habite pas trop loin de chez moi.

 

J’ai eu l’occasion à cet ‘after’ d’avoir une discussion très intéressante sur la manière dont les indiens voient les européens, j’ai essayé de nous défendre comme je pouvais face à un copain indien qui ne comprend pas de quoi on peut se plaindre, nous nos grèves et nos dépressions, quand il compare notre mode de vie à celui de la plupart des indiens. J’ai dit que c’est vrai, j’ai de la chance d’être né en France, et qu’on n’y laisse beaucoup moins les gens dans la pauvreté qu’en Inde, mais que quand même ça ne voulait pas dire qu’on devait arrêter de se battre pour nos droits sociaux, et qu’un soutient financier de l’Etat n’était pas toujours suffisant pour rendre les gens satisfaits de leur sort.

Ensuite on s’est demandé pourquoi il y avait plus de suicide au travail dans les pays occidentaux, alors que les conditions dans un pays comme l’Inde sont largement  plus déplorables.

Enfin, il m’a confirmé ce que je pensais de certains étrangers qui viennent en Inde avec des lubies de dépaysement, de tourisme écologique et de spiritualité, il me disait « ils viennent pour le yoga, la méditation, et l’ambiance baba cool » – « mais tu en connais beaucoup des jeunes indiens qui font du yoga ? qui ont le temps d’être cool, qui s’intéressent à l’écologie et aux modes de vie alternatif ? non, l’Inde c’est pas ça, l’Inde c’est de la *****, c’est des garçons qui cherchent à avoir le plus d’argent possible et des filles qui cherchent à avoir le mari qui rapporte le plus… ». Evidemment il parlait en terme de généralité, mais ça fait toujours plaisir d’avoir un point de vue extérieur comme ça.

Et en même temps il ne critiquait pas ‘les blancs’ qui viennent en Inde, il avait travaillé avec plusieurs ONG et compagnies tourristiques, et il me disait penser que les occidentaux avaient plus soif de découvertes, d’aider et de changer le monde, il pensait que tous les européens étaient comme ceux qu’ils avaient rencontré dans des associations associatives ou dans des projets de voyage à basse consommation, je lui ai dit que quand même, c’était seulement une certain sorte de gens d’Europe qui font ça, et qu’il ne faut pas rêver, chez nous aussi l’argent et l’image comptent beaucoup.

 

On n’a pas fait que parler sérieusement, on a aussi fait la fête, et j’ai eu la joie de réentendre tous les classiques de rock qui sont arrivés jusqu’ici, avec grand plaisir et quoi qu’un peu nostalgique de l’époque où nous aussi on écoutait Nirvana et les Red Hot.

D’un seul coup je me mettais à moins regretter la globalisation culturelle, comme la fois où je m’étais retrouvée à une soirée avec des Népalais autour d’une guitare à reprendre des tubes qu’on connaissait tous…

 

FIN

 

 

 

En bonus : nouvel album photo ‘Pune baï naïte’


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Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /Oct /2009 19:24


 

            Comme d’habitude point de prétentions littéraires ou analytiques, juste l’occasion de raconter et de décrire, pour votre curiosité et pour ma boîte à souvenirs. Certains détails peuvent paraître insignifiants, d’autres histoires sembleront incomplètes, mais  j’espère quand même révéler  à travers ces récits l’ambiance de ce pays que j’ai tellement de mal à décrire, d’une part à cause de la diversité de ses caractéristiques, et d’autre part à cause de mon impossibilité à juger ou à expliquer ce que je vois.

 

D’abord le départ

 

Quelques jours fériés pour le nouvel an Hindou (Diwali), la plupart des programmes du 1er semestre terminés, des cours qui sautent entre les exams et les élections… allez hop je m’en vais !

M’étant fixé une semaine de vacances je décidai de partir de l’autre côté de l’Inde, du côté de Chennai et Pondichery

 

Pas facile de trouver un moyen d’y aller : billets d’avion bien trop chers, trains pleins ultra-pleins car c’est les vacances pour beaucoup de gens… je partirai donc en bus, en faisant une escale par Bengalore, ça me donnerait l’occasion de voir un peu cette ville ultra-haute technologie, vitrine de l’Inde moderne.

 

Les autres élèves n’ayant pas l’autorisation de partir ou d’autres plans pour les congés, mes camarades de sciences po ayant des vacances décalées par rapport aux miennes, je décidai de partir seule, histoire de voir comment ça fait, et puis de toute façon ici on n’est jamais vraiment seul.

 

Sac tout neuf et tout plein, sifflet autour du cou en cas de soucis (merci Rutuja pour le cadeau ;) ) après un spectacle de danse impressionnant à Pune samedi soir, je n’avais plus qu’à rejoindre mon bus et c’était parti pour l’aventure!

 

« Bienvenu dans le réseau routier indien »

 

Donc je prends un rikchaw, après avoir négocié un peu, le chauffeur a eu beau m’appeler « baba » (surnom affectif indien) je n’accepte pas sans protester les  énormes « night charges » qu’il tente de m’imposer,  oui comme d’habitude dès qu’il fait nuit, ils s’arrangent pour demander bien plus de roupies que prévu, direction arrêt de bus à l’autre bout de Pune.

 

J’arrive au point de rendez-vous avec 40 min d’avance, mon bus étant à 22h30, ça me laissait le temps de manger une omelette à emporter et discuter avec les gens autour pour être sûr que j’étais bien au bon endroit.

Je rencontre un étudiant de Pune qui part pour Mumbai, il va voir au guichet du bureau de la compagnie de bus qui lui confirme que je suis bien au bon endroit. Finalement à 22h20 un employer de compagnie vient consulter mon billet pour m’annoncer que je dois aller à un autre point de rendez-vous, 500m plus loin. Petit sprint - j’arrive à un second bureau.

Je demande si « c’est bien ici le bus jusque Bengalore » on me dit « oui », enfin… « il faut attendre un navette qui va vous emmener à un autre point de rendez-vous »… plus aucune place dans la première navette, mais on me dit que c’est « no problem », « vous pouvez prendre la prochaine », « - oui mais je ne vais pas raté mon bus ? » « - non non, le bus vient de Mumbai, il faut lui laisser le temps d’arriver ! »

Donc j’attends la navette, qui arrive 30minutes plus tard, il y a 15 places assises mais on nous bourre à 30 dedans, avec les bagages et les enfants qui pleurent, je priais pour qu’on arrive le plus vite possible.

On arrive au point de rendez-vous 20min plus tard, en banlieue de Pune, il fait noir, il fait froid et le bus n’est pas là. Evidemment personne ne se plaint, donc je fais comme tout le monde je ne m’inquiète pas et grignote mes biscuits en regardant le paysage.

Enfin, à 12h30 le bus arrive, je trouve ma place, c’est semi-sleeper car il n’y avait plus que ça, donc un siège qui s’incline, je m’installe à peu près et tente de dormir, partie normalement pour 15h de bus.

 

 

Long trajet et décalage horaire

 

Il faut savoir que les conducteurs de bus en Inde ont une visions totalement différente de la notre dans la conduite, ils vont à toute vitesse, klaxonnent un max, doublent à gogo par la gauche ou par la droite, et nous secouent dans tous les sens.

 

Donc après une pseudo-nuit je me réveille et discute un peu avec les gens autour de moi. Je rencontre une jeune fille et sa mère (grand mère ?pas osé demander), qui m’offrent gentiment le repas lors de la pause déjeuner dans une « aire d’autoroute » = un restaurant, des toilettes sales et quelques enseignes au milieu de la nature. Par hasard je leur demande vers quelle heure à peu près on risque d’arriver à Bengalore, et là elles m’annoncent de manière très sereine qu’on y serait pas avant 18h30.

 

Donc ma visite de la ville de Bengalor tombait à l’eau.

 

Finalement on est arrivé à 20h,  mon prochain bus vers Chennai partant à 22h j’ai juste eu le temps de trouver le point de rendez-vous et de manger un très bon Tali (plat typique indien) servi sur une feuille de banane dans un restau relativement calme, qui m’a remonté le moral après la déception provoquée par mon escale ratée.

 

 

Madras ou Chennai(…pas un problème)

 

 

Mon second bus n’a pas pris de retard et je suis bien arrivée à Chennai comme prévu à 6h30 du matin le lendemain. (Tant mieux car cette fois ce n’étais pas semi-sleeper mais complitly assise,  -oui il a fallu que je tombe sur le seul siège qui ne s’inclinait pas…)

 

C’est Chennai mais avant ça s’appelait Madras, c’est une manière pour les indiens de revendiquer leur liberté par rapport à  leur héritage colonial qui a laissé traîné par mal de noms propres, notamment pour les lieux

Donc ils donnent  à leurs ville des noms plus indiens et  Madras est devenue Chennai, comme Bombay est devenue Mumbai, comme Pondichéry est devenue Puducherry…

 

 

En arrivant, malgré les remarques désobligeantes du Routard sur la métropole, Routard facilement sévère avec tous les sites qui ne sont pas classés au patrimoine mondial, la ville ne m’a pas paru si désagréable qu’annoncée.

Le bus m’avait déposé à la gare, où j’ai pu prendre un petit déjeuner et aller aux toilettes : au choix -urinoirs 100% cracra et à la vue de tout le monde/ ou toilettes à la turc (euh..à l’iranienne pardon Fatameh) inondées mais un peu plus intimistes.

Ca paraît des détails comme ça, mais quand on n’a pas d’autres endroits où aller, ça prend soudain une part beaucoup plus importante dans notre quotidien.

Il y avait aussi des douches et des lavabos, dans le même état, où j’assistai non sans compassion à la toilettes de celles qui n’étaient probablement pas de passage, mais qui, faute d’avoir leurs propres habitats, viennent dans cette salle de bain commune quotidiennement.

 

La gare centrale de Chennai est un très beau bâtiment rouge et ancien. L’intérieur est relativement neuf et calme comparé à d’autres gares que j’ai vues, cela s’explique certainement par le fait que les gens dormant à même le sol sont chassés par les vigiles présents dans l’enceinte,  mais surtout par les nombreuses rangées de sièges qui sont installés dans les hall d’attente, tous dirigés vers de grands écrans plats diffusant des publicités sur des airs de Bollywood. Je regrettais de ne pas avoir d’appareil photo car l’image d’une foule assise et calme dans une gare, et en Inde, m’a parue percutante.

 

Aussi j’aurais beaucoup aimé prendre en photo le « Vision is a gift from God » inscrit en gros sur la façade d’un opticien parmi les nombreuses enseignes implantées dans la gare.

J’avais déjà remarqué, quand les indiens sont chrétiens ils ont besoin de l’exprimer, et on trouve facilement des messages du type « Jesus i love you » au abord des bâtiments religieux ou alors des icônes de Jésus collées sur des murs ou posées à même le sol à côté d’un bâton d’encens…

 

Après une longue pause ‘petit déjeuner et observation’ à la gare, j’ai fait la visite de Chennai :

-        Pris un bus bondé jusqu’à la plage de Chennai un peu morte à cette heure là mais pas trop mal, avec son beau jardin accolé à la digue

-        A 2/3 km de là un fort encadrant des bâtiments administratifs, une église datant de l’occupation anglaise et un musée sur le passé colonial de la ville et du fort

-         Encore un peu plus loin, le  quartier des bazars très animé

 

Il faut avouer que Chennai est une grosse ville polluée et bruyante, et où la pauvreté m’a parue importante, mais on y voit plusieurs vieux bâtiments bien conservés, les gens sont agréables et le quartier des bazars à un côté charmant.

 

Après ces visites j’ai passé un bon moment à chercher un hôtel. J’ai marché jusqu’à l’hôtel de l’armée du salut pour qu’on me dise « c’est plein »,  je suis retournée du côté de la gare dans un autre hôtel bon marché conseillé par le routard pour qu’on me redise « c’est plein », fini par prendre une chambre double alors que j’étais toute seule dans un hôtel conseillé par le gérant de l’hôtel conseillé par le routard…parce qu’il était déjà 17h et à partir de 17h il fait nuit.

 

Mahabalipuram

 

Pour prendre le bus pour quitter Chennai il faut d’abord prendre un premier bus qui nous amène à la grande gare routière de la région, réputée l’une des plus grande d’Asie, mais où on trouve toujours quelqu'un de gentil pour nous aider à nous repérer.

 

Parathèse : - Illustration des effets causés par le renomage intempestif des lieux indiens :

 

(Une fois trouvée la bonne plate-forme je demande le bus pour « Mahabalipuram » on me dit « voie 7 », je me dirige à cette voie où est affiché « Mamallapuram », je me dis ‘tiens ils ont du faire une faute d’orthographe’, mais comme je vois des touristes dans ce bus j’en déduis que c’est le bon, donc je demande au contrôleur un ticket pour Mahabalipuram…il me donne un ticket Mamallapuram ! après un instant de réflexion et un zieutage dans le guide touristique j’ai compris…c’est enfait la même ville mais qui elle aussi a été renommée)

 

 

Trajet jusque Mamallapuram 2h30, très tranquille.

 

Une fois arrivée là bas, je n’avais qu’une envie c’était de trouver une chambre où poser mon gros sac de routarde à la moutarde. Dans mon guide il y avait une adresse de guesthouse qui me tentait bien, mais n’ayant pas de plan je vadrouillais dans les rues du petit village quand une vieille dame sorti d’une petite maison et me lança « Erwan Danussiii Cottaaaage ? »

Eh oui ! c’est bien ça que je cherchais, elle a du en voir défiler des routards pour être aussi sûre de son coup…

J’ai donc logé chez Madame Frida, environ 70 ans et sa fille qui venait d’avoir un petit bébé, dans une adorable petit maison bleue, avec les sanitaires dans la cours.

 

Mahabalipuram est un charmant petit village avec des maisons colorées, des boutiquiers agréables qui doivent souvent voir passer les touristes, beaucoup de tailleurs pierre, des restaurants qui servent du bon poisson et une plage où l’on peut se poser tranquillement en fin de journée.

 

On y vient pour y voir :  une colline habitée par des grosses masse de granites, parmi lesquelles on peut se promener tranquillement et admirer  les statues et les temples gravés dans la roche, sur la plage un temple datant du VIIe siècle presque intact et plus loin  une série de 5 rochers taillés en forme de chars à l’honneur des dieux. Les deux sites étant classés au patrimoine mondial, ça ne pouvait que plaire au Routard, et j’avoue que ça valait la peine de se déplacer pour les voir, mais c’est surtout parce que l’ambiance du village était vraiment agréable et reposante que je garde un bon souvenir de cette visite.

 

            En tout cas je pense que les commerçants de l’endroit m’ont plutôt apprécié car je me suis un peu plus laissée amadouer que d’habitude.

J’ai rencontré un tailleur de pierre qui a réussi à m’avoir avec ses bases de français, on a commencé à discuter et ensuite je n’ai pas pu résister je lui ai acheté une petite statue de Ganesh sans trop négocier le prix.

Le soir j’étais censée m’acheter de vêtements car il y avait des articles pseudo-indiens- pour touristes- baba-cool- qui me plaisaient bien dans les boutiques, finalement je me suis retrouvée à discuter pendant plus d’une heure avec un marchand de pierres, qui m’a expliqué le pouvoir qu’elles pouvaient avoir, celles qui me convenaient le mieux en fonction de ma date de naissance, ce que son pendule disait de ma personnalité…je n’ai pas forcément tout cru de ce qu’il disait, mais c’est tout de même intéressant à écouter.

Enfin, j’ai quand même un peu regretter après car je lui ai acheté des bijoux, un sac et une boîte, et du coup je n’avais plus d’argent pour les vêtements…

 

                        J’ai passé la nuit chez Frida et le lendemain matin j’étais déjà repartie sur d’autres routes. Avant mon départ, en prenant mon petit déjeuner samouse-chaï j’ai rencontré un autre marchant de pierre et son ami français qui m’ont bien aidé pour trouver le bus pour Pondichéry.

La route de 2h30 de Mahabalipuram à Pondichery est magnifique car le bus longe des côtes ensoleillés et des champs verts comme je les aime. J’ai fait une partie du voyage débout et après j’étais assise à côté d’une indienne qui ne parlait pas anglais ; elle a voulu savoir ce que j’écoutais dans mon lecture mp3 alors je lui a fait écouter T Rex mais elle n’a pas trop apprécié (ce qui ne l’a pas empêché d’appeler toutes ses copines qui étaient dans le bus aussi pour qu’elles viennent tester mes écouteurs). Après, elle voulait que je lui donne mes vêtements pour son bébé qui n’en avait pas, mais je lui ai gentiment fait comprendre que c’était moyennement possible.        

 

Pudu-chérie

 

Quand je suis arrivée à Pondich’ ça ne m’a pas paru très plaisant comme endroit, au niveau de la gare routière il y a beaucoup de trafic et rien de spécialement agréable pour les sens.

Mais en réalité, une fois dans le quartier dit français j’ai compris le charme de cette petite ville. Des petite maisons colorées et très jolies, des rues ‘Romain Roland’, ‘François Martin’ ou ‘de la caserne’ indiquées  sur des panneaux bleus à la française, des rues pavées, des rues tellement calmes dans un pays tellement agité….

Et j’ai mangé dans un restaurant où ils proposaient de la salade de tomate, de la vraie, avec de l’assaisonnement, et du pain ! du vrai pain ! ça faisait 3 mois je crois bien que je n’en avais pas mangé…car à Pune on ne trouve que du pain de mie et surtout pas boulangerie à proximité.

Il n’y pas grand chose à visiter, mais ce qui est à voir est intéressant, quelques églises (dont une vraiment kitch), un ancien cimetière colonial avec des tombes multi-tailles et multicolores, un temple gardé par un éléphant et un centre de méditation. Et il y a aussi une plage, qui est plutôt une digue qu’une plage, tout de même agréable.

 

Après avoir passé la journée à visiter Pondichery il m’est arrivé ce qu’on appelle un « coup de bol ». Je m’apprêtais à aller m’installer dans un café qui donne sur la plage pour lire un livre au bord de l’eau quand j’ai vu au loin des têtes que je connaissais….les français de sciences po qui passent cette année à Delhi ! Elément inattendu mais très plaisant, je me suis retrouvée à passer la soirée avec eux dans un restaurant de Pondichéry.

Et surtout, quand je les ai rencontré ils m’ont demandé ce que je faisais dans la région, donc je leur expliquai que mon plan pour le lendemain était d’aller à Auroville, c’est là qu’ils me dirent que ça tombait bien car le soir même au restaurant serait un ami français  à eux, aussi étudiant à Delhi, qui était pour quelques jours à Auroville dans la maison de sa sœur !

Voilà comment je me suis retrouvée à rencontrer celui qui m’a hébergé et fait visiter Auroville.

 

Auroville et Heureux Vilains

 

J’avais prévu de passer quelques jours à Auroville, car j’avais vu un documentaire sur ce village l’année dernière, et le concept m’avait intéressé. Pour résumer, Auroville est un lieu créé en 1968 par 5000 partisans de la pensée de Sri Aurobindo (gourou philosophe indien) et surtout sa compagne spirituelle ‘La Mère’, le but était de créer une communauté organisée sans hiérarchie, sans principe de propriété, sans école obligatoire, où l’argent est banni…pour faire plus simple, petit aperçu de la Charte lue par la Mère à l'inauguration d'Auroville :

 

1. Auroville n'appartient à personne en particulier. Auroville appartient à toute l'Humanité dans son ensemble. Mais pour séjourner à Auroville, il faut être le serviteur volontaire de la Conscience Divine.

2. Auroville sera le lieu de l'éducation perpétuelle, du progrès constant, et d'une jeunesse qui ne vieillit point.

3. Auroville veut être le pont entre le passé et l'avenir. Profitant de toutes les découvertes extérieures et intérieures, elle veut hardiment s'élancer vers les réalisations futures.

4. Auroville sera le lieu des recherches matérielles et spirituelles pour donner un corps vivant à une unité humaine concrète.

 

(Pour en savoir + : http://www.auroville.org/vision/adream_french.htm)

 

A part la notion de « conscience divine » un peu douteuse, le rêve me semblait plutôt bien, et je voulais voir ce que ça donnait dans la réalité, comprendre un peu comment se met en place un tel type de société. Finalement je n’ai pas vraiment tout compris, et je n’ai pas rencontré d’Aurovilien à même de m’expliquer. Il semble qu’il y est effectivement un partage des ressources et l’absence de propriété dans le sens où les habitations des Auroviliens ne leur appartiennent pas vraiment mais appartiennent à la communauté, mais en même temps certains habitants ont des super maisons et d’autre vivent dans des huttes, il y a bien un panier de biens distribués à tout le monde mais rien n’empêchent les habitants d’avoir leurs propres ressources à côté, et pour pouvoir devenir Aurovilien il faut avoir assez d’argent pour s’entretenir un an sans travailler…

 

Il n’empêche que le lieu et l’état d’esprit qui s’y trouvent sont très agréables. Apparemment les Auroviliens en ont un peu marre qu’on leur pose pleins de question, mais il y a un centre pour les visiteurs qui est plutôt bien fait pour expliquer au moins l’origine et l’ambition du lieu.

Et la vie est si paisible dans ce petit coin de paradis sans voitures, sans publicités, au soleil, en pleine nature. Ca ressemble à une grande foret où les habitations,  les écoles, les magasins, les fermes, les restaurants, la bibliothèque, le centre de recherche et les bâtiments administratifs sont repartis sur environ 10km² ; donc Medhi m’a baladé à travers tout ça sur sa mobylette qu’il avait loué pour son séjour. Les bâtiments sont beaux, propres et d’apparence plutôt moderne, avec un effort d’architecture important, ce qui m’a plutôt surpris car je m’attendais à des habitations et des installations très modestes. Les articles vendus dans les magasins (vêtements, cosmétiques, instruments de musique, aliments…) sont bien faits et bien exposés, la nourriture dans les restaurants est bonne et diversifiée. J’ai pu retrouver le goût d’un café noir et d’un bon bout de gâteaux, ou encore d’une tarte à la provençale avec des frites dans un restaurant tenu par une française - Car évidemment, dans cette communauté qui demande un certain capital financier et culturel pour s’intégrer, on ne trouve pas beaucoup d’indiens et je ne sais pourquoi, au moins 35% de français.

 J’étais étonnée de me retrouver dans un tel confort, une telle propreté, une telle modernité, dans une Inde si pauvre, et si sale il faut l’avouer. J’ai apprécié de constater l’effort des Auroviliens pour avoir un mode vie très écolo, que ce soit dans leurs alimentation ou leur manière de concevoir les bâtiments et l’énergie, efforts d’autant plus louables que la société date de 1968, quand le bio n’était pas encore à la mode.

Enfin, moi qui m’attendais à tomber plus ou moins sur une bande d’illuminés ou de hippies ramollis, je pense que Auroville est un projet géré avec sérieux et réalisme, y travaillent des architectes et des ingénieurs (pour tout ce qui est énergie et agriculture) expérimentés, il y a même une clinique avec des médecins diplômés, et le centre de recherche et de conférence témoigne d’une certaine sagesse.

Au milieu de Auroville il y a une espèce de boule dorée, à l’intérieur de laquelle seuls les Auroviliens peuvent aller méditer, c’est le Matrimendir, censé représenter le centre spirituel de la communauté, que de nombreux touristes viennent chaque jour photographier sans vraiment comprendre de quoi il s’agit.

Je n’ai pas vraiment compris la spiritualité des Auroviliens, mais en tout cas j’ai cru sentir que ça dépend vraiment des individus, certains viennent pour l’expérience spirituelle et la recherche, d’autres plutôt pour le côté communautaire, d’autres pour les recherches écologiques, et d’autres encore viennent seulement pour leurs vacances dans ce village confortable qui donnent sur la plage.

 

J’ai passé 2 jours à me reposer dans cet endroit et après il était temps pour moi de rentrer, mais je pense que si j’avais l’occasion de revenir plusieurs jours à Auroville je le ferai sans hésiter, à la fois pour son côté apaisant et confortable,  mais aussi  pour continuer à mieux comprendre comment elle est gérée. En attendant j’ai acheté le livre d’un Aurovilien qui raconte son expérience, j’espère ainsi en apprendre un peu plus.

 

Le retour, est c’est pas rien !

 

Après un repas avec les sciences po à Pondichery j’ai pris la route du retour jusqu’à Chennai, sous le feux des pétards et des feux d’artifice qui fusaient de partout pour mon anniversaire euh..pardon pour Diwali (le nouvel an indien), 4h de bus où j’ai rencontré un expert en reptiles. Et ensuite j’ai réussi à obtenir un ticket train couchette pour faire les 24 heures très très longues de trajet jusqu’à Pune, ponctuées par la rencontre avec un groupe de pèlerins qui rejoignait un temple sacré du Maharastra, un ancien serveur du Taj Mahal à Mumbai et une jeune indienne en sari doré qui m’a offert quelques unes des pâtisseries qu’elle avait préparé pour diwali.

 

Terminaison

 

Pour finir je dirai que évidemment, j’ai beaucoup beaucoup aimé ce voyage. Je n’ai pas trop souffert de la solitude, mais en même temps diverses rencontres intermittentes ont égaillé mes trajets, et puis surtout la rencontre avec les sciences po a fait que je n’ai passé que la moitié de mon voyage réellement seule, sans regret d’ailleurs.

Mes diverses visites m’ont une fois de plus amener à m’interroger sur ce que c’est qu’être étranger en Inde. J’avais déjà testé les ambiances du quartier des expatriés à Pune où se concentrent essentiellement des élèves du centre de méditation Osho (très réputé il paraît), déjà vu passé les nombreux élèves essentiellement blancs du club de yoga au bout de notre rue, cette fois j’ai vu les boutiques à Mahabalipuram, l’ashram et le confort occidental de Pondichery, ainsi que la spiritualité de Auroville.

J’observais une fois de plus en quoi l’Inde a un côté attrapeur de baba-cool, comme cette dame qui venait passer trois mois à Auroville, « pas comme touriste », « surtout pas », mais  pour « trouver la vérité », sans la moindre intention de participer ne serait-ce qu’un peu au travail de la communauté. Evidemment j’admire aussi la philosophie indienne, son côté apaisant et relativisant, et si j’ai l’occasion de faire du yoga j’en ferai. Inévitablement, je resterai toujours une étrangère avec son goût pour le confort, la propreté et les choses pas compliquées.

Seulement, j’espère ne pas devenir aussi cliché que tous ces gens qui  réduisent l’Inde à un parc d’attraction pour hippies sur le retour, qui viennent manger des veg-burger, loger dans des logements confortables et voyager en taxi, se réunir entre eux pour s’adonner à la méditation ou « la recherche de soit », s’habiller avec des vêtements ‘ethniques’, oui mais de quel pays ? et prétendre partout autour d’eux qu’ils font quelque chose de différent, d’exceptionnel, tellement proche de la vérité, après s’être adonner à une pseudo méditation. Au final, une « recherche de soit » qui a trop tendance à oublier les autres et la réalité. Car l’Inde ce n’est pas seulement ça, ce n’est pas seulement le yoga, l’encens, le soleil et des regards plus hagards que pacifiés,  c’est aussi, pour le meilleur et pour le pire, l’Hinduisme, l’Islam, la pauvreté, la saleté, les crimes, la corruption, la pollution, la recherche d’une modernité, les fêtes, la musique, l’art, les temples, les forts, les palaces, les maharajas, les plages, les montagnes, le chaud, le froid, les champs, la ville, les mégalopoles… un mélange de cultures innombrables à découvrir et surtout autant de manières de voir que d’habitants.

 

Sinon, pas de photos pour cette fois car mon appareil n’est pas encore réparé, mais j’ai pris quelques images avec un appareil jetable et j’essaierai de récupérer des photos de mes moments avec les sciences po.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 13:11

Je délaisse le blog ces temps-ci car j’ai du mal à trouver quoi raconter, je pense que c’est parce que maintenant j’ai mon petit quotidien ici, je me suis certainement trop habituée pour avoir des surprises ou des réflexions à narrer.

Mais tout va bien, j’apprécie toujours autant mes habitudes à  Fergusson College.

J’aime particulièrement les cours de politics et de philosophie car le premier m’aide à comprendre comment l’Inde fut détruite puis reconstruite dans les processus de colonisation et de décolonisation, et le second m’aide à appréhender le mode de pensée de la spiritualité indienne.

Par contre, ça fait bientôt 3 semaines que la moitié de mes cours sont annulés au dernier moment car des examens sont tenus dans nos salles de classe ; mais en même temps ils continuent à nous faire venir le dimanche et les jours fériés pour rattraper le temps perdu par la grève et la grippe porcine donc j’en déduis qu’il y a un problème d’organisation dans la manière d’administrer les emplois du temps.

De plus, on ne sait toujours pas quand auront lieu nos examens ; la semaine dernière il semblait sûr que ce serait la première semaine de novembre, mais ce matin la prof de philo avait l’air de dire que ce serait plus la 3e semaine…du coup je ne sais pas encore si je vais pouvoir me prendre quelques jours de vacances ce mois-ci ; j’ai deux projets, je voudrais aller au Rajastan avant qu’il n’y fasse trop chaud, et je voudrais aussi aller du côté de Pondichery, mais pour le moment c’est donc en suspens.

Malgré ces problèmes d’organisation je pense que FC est un bon college, et au moins il y a une vie étudiante, évidemment il n’y pas de soirées en boîte, ni des syndicats ou des conférences comme c’était  à Sciences Po. Mais il y a un club de théâtre et un club de musique qui se réunissent dans un préau dans la cours faute de salle disponible. Il y a quelque semaine on a eu le droit à un spectacle par le club de danse et des pièces en marathi par les élèves, toujours dans ce même préau dont j’essairai de prendre des photos quand mon appareil redonnera des signes de vie. Il y a aussi un club sociologie qui organise des débats et qui nous a offert une exposition et une pièce de théâtre sur le thème de la liberté le 2 octobre, pour l’anniversaire de Gandhi, déclaré fête nationale. Et cette semaine c’est la semaine de l’environnement.

Je ne suis pas complètement impliquée dans ces évènements, car je suis encore timide pour mon anglais et parce que je n’arrive toujours pas à passer inaperçue dans la cour du college, mais je suis de loin et j’aime assister aux différentes manifestations.

 

Le midi personne mange à la cantine mais tout le monde va dans les restau-snack qui sont dans la rue de notre établissement, donc je me joins aux élèves et je commence à connaître pas mal de restau et de plats dans le coin. Les après-midi on s’occupe comme on peut, on se promène, à va manger dans d’autres quartier, on discute autour d’un café ou on va se poser dans la Fergusson Hill, une colline très verte juste derrière les terrains de sport de l’école.

Sinon parfois je rentre à la maison pour me reposer, lire ou travailler, et j’essais d’apprendre la guitare car un ami m’en a prêté une.

 

Je continue la danse et je continue à y aller en vélo, heureusement car avec tous les restaurants qu’on teste je pense que ça ne me fait pas de mal de faire un peu de sport.

 

Il y a quelques semaines on est allé avec les français voir Up en 3D avec des lunettes, je ne sais pas si c’est pareil en France, bonne expérience.

 

Le week-end dernier je suis allée avec Gabriel de sciences po me perdre dans les montagnes à 160km de Pune, voir un village, lieu de pèlerinage et faire une randonnée, ça fait un bien fou.

 

Hier je suis allée au « Thanksgiving » coréen car j’ai des amis coréens au college. C’était organisé par l’association coréenne de Pune dans une école de mon quartier, j’ai pu assister à des démonstration d’art martial, de danse et de musique de coréenne ; et j’ai mangé un bon repas coréen, avec beaucoup de viande, parfois ça fait du bien. Il n’y avait pratiquement que des coréens ça faisait vraiment grande famille, j’ai mieux compris pourquoi ils étaient autant quand Janet m’a dit qu’il y a environ 1000 coréens à Pune, beaucoup d’étudiants mais aussi des familles.

 

Aujourd'hui : repas au restau pour l'anniversaire de Rutuja ce midi, puis retour à la maison, puis rédaction de cet article puis danse dans une heure.

 

Il y a sûrement d’autres sorties et soirées à raconter, mais c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit pour aujourd’hui.


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